Un traiteur peut-il être micro-entrepreneur ?
Oui. Rien n'interdit d'exercer comme traiteur sous le régime de la micro-entreprise, que l'on appelle encore souvent auto-entrepreneur, et c'est souvent le choix de ceux qui démarrent : immatriculation en ligne, gratuite dans la plupart des cas, déclarations simples, cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires encaissé. Les obligations du métier restent les mêmes : local déclaré aux services sanitaires avant l'ouverture, plan de maîtrise sanitaire, chaîne du froid.
Une précision qui compte : la vente de plats préparés à emporter ou à livrer relève, selon le libellé de la loi fiscale, de la vente de denrées. Aucun texte ne cite le traiteur en toutes lettres, mais c'est la lecture la plus naturelle. La location de matériel, l'animation ou le personnel facturés à part relèvent en principe des prestations de services, avec leur propre plafond ; le service d'un repas sur place peut, lui, relever de la vente de denrées à consommer sur place. Aucun texte ne vise le traiteur expressément : faites trancher votre cas par votre expert-comptable.
Les chiffres de 2026
Les plafonds de la micro-entreprise ont été revalorisés pour 2026, ceux de la franchise de TVA sont restés inchangés. Le seuil unique de 25 000 € prévu par la loi de finances pour 2025 a été supprimé définitivement en novembre 2025 : il ne s'applique pas.
| Règle | Vente de marchandises et denrées | Prestations de services (BIC) |
|---|---|---|
| Plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise | 203 100 € | 83 600 € |
| Franchise en base de TVA : seuil | 85 000 € | 37 500 € |
| Franchise en base de TVA : seuil majoré | 93 500 € | 41 250 € |
| Cotisations sociales | 12,3 % du chiffre d'affaires | 21,2 % du chiffre d'affaires |
| Avec l'ACRE (sur demande, sous conditions) : 75 % du taux normal | Environ 9,2 % | Environ 15,9 % |
Plafonds et dépassement
En cas d'activité mixte, deux conditions doivent être tenues en même temps : le chiffre d'affaires total ne dépasse pas 203 100 €, et la part des prestations de services ne dépasse pas 83 600 €. Un traiteur qui facture beaucoup de prestations à part (location, personnel) peut donc buter sur le second plafond bien avant le premier.
Un dépassement isolé ne fait pas sortir du régime. C'est le dépassement deux années civiles de suite qui y met fin, à partir du 1er janvier de l'année suivante. Pour un traiteur dont l'activité grandit, cela laisse le temps de préparer le passage au réel avec un expert-comptable.
Côté impôt sur le revenu, le bénéfice d'une activité de vente est calculé par l'administration après un abattement forfaitaire de 71 % du chiffre d'affaires, quelles que soient vos charges réelles. Sous condition de revenu fiscal de référence, le versement libératoire permet de payer l'impôt en même temps que les cotisations : 1 % du chiffre d'affaires pour la vente.
La TVA du traiteur : franchise, puis 5,5, 10 ou 20 %
Tant que vous restez sous le seuil de la franchise en base, vous ne facturez pas de TVA et ne la récupérez pas sur vos achats. Les factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Au-delà du seuil majoré de 93 500 €, la TVA s'applique immédiatement ; entre 85 000 et 93 500 €, elle s'applique au 1er janvier suivant.
Les taux d'un traiteur dépendent de ce qu'il vend et de la façon dont il le vend. Les plats préparés vendus à emporter ou à livrer, qui peuvent être conservés, relèvent de 5,5 %. Les produits préparés pour une consommation immédiate relèvent de 10 % : c'est le cas quand la préparation, la vente et la livraison se suivent immédiatement, sinon le taux est de 5,5 %. L'ensemble d'une prestation livrée avec un service (salle, matériel, personnel) relève aussi de 10 %, traité comme de la restauration sur place. Les boissons alcooliques sont toujours à 20 %. En cas de doute sur une prestation, le BOFiP détaille les cas ; votre expert-comptable tranchera le vôtre.
Quel que soit votre statut, le plus dur reste de remplir le carnet de commandes. Avec Crozy, les commandes du site livrées dans votre secteur vous sont confiées, 75 % pour vous sous 7 jours. Le volume dépend du potentiel de votre secteur, étudié avec vous avant tout engagement.
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Le régime calcule les cotisations sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice. Or un traiteur dépense beaucoup pour vendre : denrées, emballages, carburant, loyer du local, entretien du froid. Plus ces charges pèsent, plus le régime devient coûteux comparé au réel, qui ne taxe que ce qui reste.
La franchise de TVA a aussi un revers. Elle rend vos prix plus attractifs pour les particuliers, qui ne récupèrent pas la TVA. La plupart des entreprises, elles, la récupèrent : pour elles, un prix hors taxe reste un prix hors taxe. Les CSE, les collectivités et les associations, souvent non : pour eux, c'est le prix toutes taxes qui compte. Et vous ne récupérez pas la TVA sur un véhicule frigorifique ou des armoires froides, ce qui alourdit l'investissement de départ.
Une option existe, peu connue : un micro-entrepreneur peut renoncer à la franchise et opter pour le paiement de la TVA tout en restant au régime micro pour ses cotisations. Pour un traiteur qui vend surtout à des entreprises et qui investit dans du froid, c'est une piste à étudier avec un expert-comptable : pour vos clients qui récupèrent la TVA, le coût réel ne change pas, alors que les CSE, collectivités et associations paieront la TVA en plus ; vous récupérez en revanche la TVA de vos achats. L'option vous engage pour deux ans et se reconduit tacitement.
Exemple illustratif : sur 60 000 € de ventes encaissées dans l'année, les cotisations au taux plein représentent 7 380 €, quel que soit le montant de vos achats. Si vos charges réelles absorbent la moitié de ce chiffre d'affaires, il vous reste 22 620 € avant impôt. Refaites le calcul avec vos chiffres, et comparez avec un expert-comptable avant de choisir.
Micro-entreprise ou société : comment trancher
La micro-entreprise convient pour tester une activité, démarrer avec peu d'investissement ou compléter une autre activité. Elle convient mal à un projet qui investit dans un véhicule et un local équipé, qui embauche, ou qui vise d'emblée un volume important.
Une entreprise individuelle au réel ou une société (SASU, EURL) permet de déduire les charges, de récupérer la TVA sur les investissements et de séparer plus nettement le patrimoine. Elle coûte plus cher à tenir, mais elle reflète mieux l'économie d'un traiteur qui grandit. Le budget de départ est détaillé dans ce que coûte l'ouverture d'un traiteur, et les étapes dans comment devenir traiteur.
Pour un projet Crozy, le choix du statut se fait avant la signature, avec votre expert-comptable, au vu de l'étude de votre secteur. Le droit d'entrée et la redevance de marque s'expriment hors taxes : 4 900 € HT et 390 € HT par mois à partir du quatrième mois.
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Voir l'offre et candidater →Sources
- Micro-entrepreneur : plafonds de chiffre d'affaires, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Franchise en base de TVA : seuils, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Franchise en base de TVA : le seuil unique de 25 000 € supprimé, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur : ce qu'il faut savoir, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (Acre), entreprendre.service-public.gouv.fr
- Taux de TVA des produits vendus par les traiteurs (BOI-ANNX-000495), BOFiP, impots.gouv.fr
- Immatriculation d'une micro-entreprise : formalités et coût, entreprendre.service-public.gouv.fr
